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JENNY-CLARK Jean-François (1973)

Lauréat en 1973

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Paris, le 20 janvier 1981
©Jean-Pierre Leloir

Contrebassiste français (Toulouse, 12-7-1944/Paris, 6-10-1998).

Il fréquente très tôt le milieu du jazz. En 1960, Jackie McLean l’entend au Chat Qui Pêche et l’engage (1960-61). Il rejoint ensuite Don Cherry (1963-64), Gato Barbieri, joue avec Bernard Vitet, Beb Guérin, François Tusques et Aldo Romano, puis Pharoah Sanders et Cherry (1965), Barbieri et Jean-Luc Ponty (1966-67), Martial Solal (1967-68). Parallèlement, il décide de se donner une formation classique aux conservatoires de Versailles puis de Paris - où il décroche un premier prix de contrebasse en 1968.
1968-70 : il rencontre Keith Jarrett, avec qui il s’associe en compagnie de Romano, avant de travailler (1968-69) avec Joachim Kühn. Suivent des enregistrements et concerts avec Anthony Braxton et Kenny Wheeler, Charlie Mariano-Enrico Rava-Roswell Rudd, Paul Motian, Bill Connors, Joe Henderson (1974), Philip Catherine-Steve Grossman (1976). En 1975, en compagnie de Romano, Mariano et Philip Catherine, il participe au groupe Pork Pie. On le retrouve avec Albert Mangelsdorff (« Albert In Montreux », 1980), Michel Portai, Chet Baker. De 1981 à 1984, les associations se multiplient : Portai, Bernard Lubat, François Jeanneau, Solal, Daniel Humair, Harry Sokal, Baker, Michel Petrucciani... En 1985 naît un trio, en compagnie de Kühn et Humair (« Easy To Read »). En 1986-87, il se produit en Italie avec Elvin Jones, Dave Liebman, Mangelsdorff, avant de côtoyer le saxophoniste Larry Schneider (né à Long Island, 1949), l’Orchestre franco-allemand, Harry Pepl, Mino Cinelu, Jack DeJohnette... En 1987 paraît le premier disque entièrement sous son nom, « Unison ». L’année suivante, au Town Hall de New York, il participe au concert réservé aux musiciens français dans le cadre du JVC Festival. Puis, avec Kühn et Humair, il accompagne Helen Merrill et Stan Getz (« Just Friends », 1989). Parallèlement à ses activités dans le jazz, Jenny-Clark est très sollicité dans le milieu de la musique contemporaine : membre du groupe Musique vivante de Diego Masson, il a collaboré avec John Cage, Maurizio Kagel, Vinko Globokar, Gilbert Amy, Luciano Berio, Karlheinz Stockhausen, Pierre Boulez...
Jenny-Clark a paré de ses talents les contextes les plus divers jusqu’à sa disparition. Il en a gardé une disposition pour l’aventure et un sens de l’à-propos dans toutes les expériences ouvertes. On le reconnaît à son timbre très « bois », naturel, acoustique ; à une justesse toujours parfaite, et à sa manière de faire « ronfler » sa contrebasse. Il est un des rares contrebassistes à pouvoir jouer legato à la main gauche tout en gardant une unité de son. De sa fréquentation de la musique contemporaine, il a conservé un goût pour la « déconstruction » de l’instrument : recherche de timbres inhabituels, mouvements brusques du grave vers l’aigu, sauts d’octaves très rapides, glissandos, pédales dans le grave, portamentos, petites cellules rythmiques.

PB. & C.G.

Discographie sélective :

Michelle (G. Barbieri, 1967) ; Ashes Of Space (Franco Ambrosetti, 1974) ; avec A. Romano : Via Libera (1977), Ciao Ciao ? (1978) ; Lavori Casalinghi (E. Rava, 1978) ; Invitation (Siegfried Kessler, 1979) ; Folk Song For Rosie (P. Motian, 1979) ; Rouge et Noir (M. Portai, 1981) ; Scott (1987) ; Kammertrio (avec Claudio Fasoli et Kenny Wheeler, 1988) ; Zerkall (Kûhn, 1991) ; « Die Dreigroschenoper » (1995) ; « Quatre fois trois » (1997) (avec Daniel Humair).