L’académie de jazz de France depuis 1955

DUCRET Marc

Qui parle ? [2003] Sketch

Les percussions d’Éric Échampard et François Verly, les basses de Bruno Chevillon et Hélène Labarrière, les claviers de Benoît Delbecq, les trombones de Thierry Madiot et Yves Robert, les saxes de Christophe Monniot et Julien Lourau : ce gotha de la jazzosphère la plus incandescente, ce sont les complices que s’est choisis le guitariste pour hanter un paysage labyrinthique digne d’un facteur Cheval du patchwork sonore.
Délibérément et presque cruellement inclassable, un tel chef-d’œuvre de fragmentation, à travers lequel surgissent alluvions littéraires ou allusions de blues traditionnel, impose son architecte à l’avant-garde de la musique actuelle. Situation inévitablement marginale qui en fait, plutôt qu’un virtuose à tout jouer, un « citoyen du monde des sons », étranger aux grégarismes et frontières stylistiques.

P. C.