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CHAUTEMPS Jean-Louis (1965)

Lauréat en 1965

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Jean-Louis CHAUTEMPS (1965) Christian Rose

Saxophoniste, flûtiste et compositeur français (Paris, 6-8-1931).

Fils de médecin, Jean-Louis Chautemps passe par l’Ecole Alsacienne et le lycée Buffon avant d’étudier droit et médecine. Il commence à jouer du saxophone en 1949. Trois ans plus tard il est engagé dans l’orchestre de Claude Bolling. Il joue avec Sidney Bechet, Django Reinhardt, Zoot Sims, Lester Young, Bobby Jaspar, Albert Ayler, Roy Eldridge, Don Byas. Il est ensuite engagé par Chet Baker pour une tournée européenne. En 1957, il s’installe à Cologne pour trois ans, où il travaille avec Kurt Edelhagen dans l’orchestre de la West Deutscher Rundfunk en tant que saxophoniste et arrangeur. De retour à Paris, au début des années 60, il joue dans tes clubs de jazz (Club Saint-Germain, Tabou, Blue Note...) avec des musiciens comme Kenny Clarke, Martial Solal, Slide Hampton, Eddy Louiss, René Urtreger, Johnny Griffin, Dexter Gordon, Daniel Humair... En mai 1965, il participe à l’enregistrement d’un disque avec le sextette de Nathan Davis (Clarke, Woody Shaw, Urtreger, Jimmy Woode). Il étudie le saxophone classique avec Daniel Def-fayet. Il compose des musiques de films (Les cœurs verts et Y Ombre de la pomme...). Il enseigne l’improvisation. Durant cette même période, il joue dans divers ensembles. Au début des années 70 il participe à des concerts avec l’Ensemble InterContemporain et rejoint Musique Vivante pour une tournée à travers les Etats-Unis (œuvres de Vinko Globokar, Iannis Xenakis...), De 1968 à 1972, il entreprend des études de flûte avec Maxence Larrieu et plus tard avec Robert Hériché, et participe à divers concerts et festivals. Dès 1959, il est un des premiers musiciens français à adopter la nouvelle esthétique du free jazz. Et s’il est un leader dans ce courant musical en France, il interprète aussi une musique plus traditionnelle. En 1973, il débute des études de musicologie à la Sorbonne (Paris IV), où il dirige, en 1975, un atelier de jazz et dans le même temps entreprend des études de philosophie. En 1976 il crée Rhizome, groupe de musique improvisée qui réunit des musiciens classiques et des musiciens de jazz. En 1978, il participe en tant que musicien à plusieurs pièces de théâtre, tourne avec l’Ensemble InterContemporain et Musique Vivante. Il crée Périples pour saxophone solo, composition de Paul Méfano dont il est le dédicataire. En 1979, il fonde avec François Jeanneau, Jacques Di Donato et Philippe Maté le Quatuor de Saxophones, dont le premier concert a lieu au Festival de Jazz de Moers. Le groupe se produit ensuite en France et en Europe, enregistre « Mad Sax II », qui obtient le Grand Prix du disque de l’Académie Charles Cros. En 1981, l’IRCAM lui propose d’organiser une soirée : le Quatuor de Saxophones joue des œuvres de Globokar, Méfano et une pièce de Chautemps : From a saxophonological point of view. Deux années durant, il codirige avec Albert Mangelsdorff l’orchestre Franco-Allemand : il fait partie du grand orchestre (ou Dodécaband) de Martial Solal. Il interprète de la musique classique et contemporaine et commence à travailler l’informatique musicale (Apple et ensuite Macintosh) ; il compose de la musique pour le théâtre. Il reçoit le Grand Prix du Jazz décerné par la Sacem pour l’année 1985. Il est l’auteur avec Daniel Kientzy et Jean-Marie Londeix d’un livre sur le saxophone (éd. Jean-Claude Lattes). En octobre 1987, avec le Quatuor de Saxophones, il donne un concert au Musée Guggenheim de New York pour l’AES (Audio Engineering Society). En 1988 sort son premier disque en tant que leader (« Chautemps », Carlyne). En 1989, il compose des musiques de scène pour Français, encore un effort... si vous voulez être républicains, texte de D.A.F. de Sade et pour Saint-Elvis de Serge Valletti, mis en scène par Charles Tordjman. En 1991, il compose une musique de scène pour La Nuit des Rois de Shakespeare et Zapporamatic pour orchestre d’harmonie (commande de l’Etat). Il enregistre une version de Body and Soul à la clarinette (pour une plaquette à tirage limité à 100 exemplaires, sur un texte de Francis Hofstein et des lithogravures de Jean Berthier). En 1992 et 1993, il continue de se produire en concert et écrit quelques articles pour, entre autres publications, Marsyas (revue de pédagogie musicale).
Il est sur tous les fronts de la musique d’aujourd’hui : musicien de studio, de jazz, de musique contemporaine, enseignant. Dans son jeu se sont également déposés les sédiments des périodes musicales qu’il a traversées : des arpèges bebop, une puissance tellurique toute rollinsienne, un goût du collage et du patchwork et une attirance marquée pour les rythmes binaires contemporains. Il se signale par une sonorité bien placée, posée, travaillée, un large vibrato, héritage de son passage par le free jazz, et un phrasé brisé, qui fait la part belle aux sauts de notes. D’une grande précision rythmique, avec une parfaite maîtrise du son (sa préoccupation première) et de la vélocité, compositeur toujours en quête de perfection formelle, il est aguerri aux pratiques de l’ensemble du domaine musical.

P.B. & C.G.

Le Grand Bidou (Gilson, 1963) ; Sconsolato (Nathan Davis, 1965) ; Belgian Smoke (Quatuor de saxophones, 1982) ; Sur And Sue Helen (1988) ; « Ninga » (Cesarius Alvim, 1993).