L’académie de jazz de France depuis 1955

LAFITTE Guy (1954/55)

Lauréat en 1955

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Remise des Prix de l’Académie du Jazz, Paris.
Jean Cocteau, Christian Chevalier, Guy Lafitte, Georges Auric,Martial Solal ;

LAFITTE Guy Denis Fernand. Clarinettiste, saxophoniste et compositeur français

Saint-Gaudens, 12-1-1927 / Tournans, 11-7-1998.

Autodidacte, il débute comme clarinettiste dans l’orchestre du guitariste gitan Eugène Baptiste (1944) et fait partie de l’orchestre qui accompagne Michel Warlop à SuperBagnères (1947). Il adopte le saxophone ténor et devient leader de l’orchestre du Hot-Club de Toulouse (1948). Il est engagé pour une série de tournées avec Big Bill Broonzy (1950), Milton Mezzrow (1951), Bill Coleman, Dicky Wells (1952). 1954 : il enregistre les premiers disques sous son nom et obtient le prix Django Reinhardt décerné pour la première fois par l’Académie du Jazz. Il est invité par Lionel Hampton pour un concert du big band au Théâtre de Paris et participe avec lui à une séance d’enregistrement. Il obtient le Grand Prix de l’Académie du Disque français (1956). Il enregistre en duo avec Lucky Thompson. Avec Georges Arvanitas et Christian Garros (dm), il fonde le Paris Jazz Trio. Au cours du premier festival de Cannes, il joue aux côtés de Coleman Hawkins, Stan Getz, Don Byas et Barney Wilen (1958), se produit au Festival d’Antibes (1960) et, aux côtés de Duke Ellington et Louis Armstrong, intervient sur la bande sonore du film « Paris Blues » (1963). Avec Bill Coleman, il participe au Festival de Montreux (1973). Il est à la Grande Parade de Nice (1978-1980). Il fait partie avec Clyde Lucas du trio formé par Wild Bill Davis (1982-85). Au cours des années 80, festivals de La Haye, Utrecht, Saint-Sébastien, Saragosse, Albacete, Ramatuelle, Marciac - où il joue aux côtés de Clark Terry, Martial Solal, Eddie Lockjaw Davis.
« Le monde du ténor, dit Guy Lafitte, admet à mon sens deux régions : celle où j’installe les grands et celle que je peuple des moins grands. La première héberge Coleman Hawkins, Herschel Evans, Chu Berry, Ben Webster, Illinois Jacquet, Paul Gonsalves, Sonny Rollins, et un phénomène, un être à part : Lester Young. De tous ceux-ci, évidemment, c’est Hawkins qui m’apparaît avoir le plus d’envergure. C’est de lui que tout est venu... » Ainsi désigne-t-il du même coup la généalogie de son style. Formé à ses débuts par des personnalités telles que Big Bill Broonzy, Milton Mezz Mezzrow ou Bill Coleman, il est, très certainement, l’un des rares musiciens européens qui soit parvenu à assimiler parfaitement le langage et surtout l’accent spécifique de la musique négro-américaine. Très remarquable swingman, il sait être fougueux sur les tempos rapides. Mais c’est dans l’interprétation des ballades qu’il peut le mieux faire profiter son auditoire d’une ample et majestueuse sonorité au velouté incomparable. Sans volubilité excessive, sans aspérités superflues, sa phrase souple fait de lui un conteur captivant.

M.L.

Tea For Two (B. Coleman, 1952) ; Careless Love (1955), Colline (1969), « Sugar And Spice » (1972), Syracuse (1977), « Corps et âme » (1978), « Guy Lafitte joue Charles Trenet » (1984), « Live 93 » (1993).